vendredi, 10 avril

Bull Market Vs Bear Rally

Le S&P 500 est à 24% au dessus de la clôture la plus bas de l’indice qui a eu lieu le 9 mars.  Historiquement, un rally de 20% est souvent considéré comme un nouveau bull market et le retour des jours heureux pour les investisseurs. Malheureusement, cette crise a déjà eu deux rally de 20% (fin octobre-début novembre et décembre-fin janvier) qui finalement se sont transformés en bear rally qui se sont enchaînés en bear market touchant de nouveaux plus bas (Fin Novembre et début mars).

 

Certains vous indiqueront que ce bear rally est différent, qu’il a des saveurs de bull market. Il est tout à fait possible que cela soit le cas, mais il y a plusieurs éléments qui me font douter de la véracité de ses propos :

  • le VIX, qui est l’indice de « peur », est toujours au delà de 40 ce qui est un niveau extrêmement élevé. On ne peut pas évoquer de bull market tant que le VIX ne passe pas en dessous de 35 voire 30. Il y a encore un long chemin avant d’atteindre ce niveau.
  • Les High quality investment grade (dettes les plus sûres) restent autour des 4% face à des treasury bills en dessous de 1% ce qui provoque un spread supérieur à 300 points de bases tandis qu’historiquement le spread est de 130 points de bases. Cela signifie que l’écart de crédit reste encore à des niveaux proches de Septembre ce qui n’est pas un élément rassurant.
  • L’index Baltic Exchange Dry qui  mesure le coût des exchanges à travers la mer a eu un rally exceptionnel des low en début d’année, mais maintenant il est 32% plus bas de son plus haut de début mars et a donc chuté pendant le rally des dernières semaines. Nous pouvons cependant indiquer que cet indice était dans le vert pendant le bear market donc on peut penser que nous faisons face à un mini consolidation.
  • Certains secteurs ont encore beaucoup de mal à trouver des financements. Le cas de la société General Growth est un excellent exemple. Il y a encore une peur importante autour de l’immobilier notamment commercial. L’indice REIT (qui concerne le Real Estate) a eu un rally de 10% depuis  le 9 mars ce qui est faible par rapport au mouvement global.
  • La chute de 119dollars de l’or est tout de même faible quand vous prenez en considération qu’en général la chute de l’or est lié à une remontée du risque. On devrait donc plutôt s’attendre à retrouver l’or à des niveaux proche de décembre par exemple ce qui n’est pas le cas.
  • Les stocks Small-Cap qui en général sont les premiers concernés par les bulls market car ce sont par définition des stocks plus risqués. Ils ont effectué un rally de 23% des low entre le 9mars et le 18 mars mais maintenant ils sont flat voire négatif au plus fort de la hausse du marché.
  • Le dollars Américain n’a pas chuté de manière énorme alors que la logique voudrait que si un retour au risque à lieu, nous aurions moins de dollars sur le marché pour acheter des titres. Surtout avec la politique monétaire des USA, on peut anticiper que le dollars aura une performance inverse aux marchés car c’est un excellent indicateur d’aversion aux risques.
  • Nous entendons beaucoup d’échos sur le retour d’une nouvelle version de la Uptick Rules. Les shorts et bears ont profité de l’annulation de la uptick Rules pour emmener le marché dans des spirales négatives infernales, nous pouvons donc imaginer qu’ils ne vont pas abandonner leur loi sans laisser des traces sur le marché avec des bears raids qui vont alimenter un bear market.
  • Nous rentrons dans la saison des earnings, et cela signifie en général, déception, rumeurs, interprétation et manipulation à la baisse (ce que nous avons vu en Octobre, en Janvier et donc peut être en avril). Nous pouvons donc imaginer tout un mouvement baissier issue d’une combinaison entre dernier profit de l’absence de uptick rules + commentaires sur les earnings.
  • Les chiffres statistiques montrent des signaux très mixtes. Nous avons du positif (notamment sur le plan immobilier) et du négatif (notamment au niveau de l’emploi). Nous n’avons pas encore un trend clair vers un clair bottom de l’économie même si ce bottom est probablement là mais il n’est pas encore limpide sur le plan statistique.
  • Le nombre de shares shorters sur le marché est au plus haut niveau depuis septembre 2008 ce qui n’est pas bon signe quand nous savons que les shorters ont toujours le pouvoir tant que la uptick rules n’est pas de retour.
  • Les stocks défensifs qui sont souvent appréciés des fonds mutuels sous performent le marché sachant qu’ils sont peu concernés par les shorts et donc performe par rapport à des nouveaux d’achats et non du short covering.
  • Le volume global sur le marché reste faible par rapport au volume moyen d’un bull market. Ces volumes « faibles » nous empêchent d’interpréter avec conviction que les mutuals funds sont revenus en position long.

 
 

Ce rally est peut être un bull market en devenir mais nous restons très prudent surtout en considérant les éléments ci-dessus. Cependant, il est important de suivre le VIX qui est à priori un excellent indicateur pour évaluer si le marché tourne réellement bullish ou non. Nous pouvons envisager l’émergence d’un vrai bull market démarrant entre mai et juillet car la uptick rule sera totalement remise en place et surtout nous sortirons de la earning season et les chiffres économiques commenceront à refléter l’impact des stimuli à travers le monde.

Nous suivons en tout cas avec attention les earnings, les chiffres statistiques et surtout le VIX qui sont trois indicateurs qui nous permettront d’appeler avec confiance un bull market. Nous pouvons en attendant imaginer l’émergence d’un nouveau bear market, en Avril, pour retester les low (de Novembre ou entre Novembre et Mars) avant d’entamer un vrai bull market. Si par contre les indicateurs que nous suivons commencent à tendre vers un bull market, nous pouvons envisager que ce rally tourne réellement en marché acheteur. L’économie a probablement bottomé en janvier-février mais nous devons suivre cette confirmation sur le plan statistique économique.

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