vendredi, 03 avril

La Grande Dépression Vs « La Grande Dépression 2008 »

Lorsque nous écoutons les médias, nous avons l’impression que la récession actuelle est proche, égale voire supérieure à la grande dépression des années 30. Vous avez de nombreux analystes et spécialistes qui nous promettent une crise de la même ampleur que la Grande Dépression.

Personnellement, je ne me considère pas suffisamment âgé ou spécialiste de la Grande Dépression pour pouvoir m’aventurer à évaluer la crise actuelle comme digne de la Dépression de 29.

Par contre, je me suis posé la question suivante : Quels sont les critères les plus solides pour pouvoir comparer une crise par rapport à une autre, après une longue réflexion je pense que la qualité de vie (sachant que nous autres consommateurs représentons la majorité de la croissance économique).

Pour étudier la qualité de vie durant la grande dépression, j’ai lu des articles, trouvé des interviews de personnes âgées ayant vécu la crise et j’ai aussi posé des questions à des personnes âgées vivant à l’époque.

Pour étudier la qualité de vie moyenne aujourd’hui, j’ai tout simplement regardé autour de moi et fait une petite enquête auprès des « amis » de mes « amis » dans divers pays (entre Europe, Asie et Etats Unis).

Voici les résultats de mon enquête assez informelle :

  • Rapport avec l’argent

    Grande Dépression : perdre un nickel (de l’époque) était gravissime. Lorsque vous perdiez par exemple dans la cours d’école un nickel, toute l’école s’arrêtait pour tenter de le retrouver car c’était considéré comme un trésor. Chaque centime dépensé était bien étudié et on s’assurait qu’il s’agit bien d’une dépense nécessaire.

    Maintenant : Lorsque nous perdons quelques euros/dollars/Francs Suisse, nous sommes énervés mais on ne s’arrête pas non plus de vivre pour retrouver l’argent. Perdez un euro dans une cours d’école, vous ne verrez pas tous les élèves (et professeurs) tenter de le trouver.

  • Nourriture

    Grande Dépression : Le soir c’était pour beaucoup de personnes, pain et verre d’eau ou soupe pour les plus chanceux. Une sucrerie (même un simple gâteau chocolat) était un luxe impossible à s’offrir. Les plus chanceux étaient les agricultures qui pouvaient bénéficier de leurs cultures ou de leurs élevages pour se nourrir. Beaucoup de personnes fouillaient les poubelles ou tentaient de voler les champs pour avoir quelques  choses de consistent à manger. La nourriture représente plus de 25% voire 50% du budget.

    Maintenant : Dur choix : Allons nous au restaurant ce mois ci ou pas ? Prenons nous un goûter ? Pas de dessert ce soir ? Bref nous n’avons pas de soucis majeurs sur notre possibilité de nous nourrir. Au pire, les achats se font chez le discounter ou le nombre de repas à base de pates augmente. Nous ne sommes pas dans la situation de ne pouvoir manger que du pain et de l’eau. Surtout, on peut s’offrir une sucrerie.

  • Chômage

    Grande Dépression : Chômage correspond à plus de revenu du tout car les allocations chômages n’existent pas. Les entreprises n’ont donnés aucune indemnité non plus à ses ex employés. Les chômeurs sont donc sans ressource dès le premier jour sans emploi.

    Maintenant : Nous pouvons trouver les allocations chômage trop faible ou sur une durée trop courte, mais au moins les chômeurs ont ses allocations. Les entreprises fournissent aussi très souvent des packages financiers pour les ex employés. Les politiques sociales permettent donc aux chômeurs de pouvoir se retourner sans craindre à court terme d’être sans le moindre revenu.

  • Faillite de votre banque

    Grande Dépression : 50% des banques feront faillite durant la grande dépression. Par contre, à l’époque Faillite de banque signifiait perte de tous les fonds dans la banque. Vous n’aviez aucune garantie de dépôt ou garantie sur vos investissements. Si par malheur votre banque disparaît vous vous retrouviez avec vos comptes et épargnes à 0.

    Maintenant : Nous sommes déjà extrêmement loin des 50% de faillite bancaire. De plus, les dépôts sont garantis à hauteur assez importante (supérieur à 100 000 pour la plupart des pays) et donc si votre banque fait faillite vous ne perdez pas votre épargne et dépôt. La seule contrainte que provoque la chute de votre banque, l’obligation de changer de groupe bancaire.

  • Noël

    Grande Dépression : Le cadeau moyen le plus généreux : Une orange et un oignon. Il était inconcevable d’offrir plus que cela. Le repas ? On ne change pas l’habitude, c’est à dire pas grand chose.

    Maintenant : Dur dur, il faudra peut être acheter que le Ipod Nano plutôt que le Ipod Touch pour ses enfants. On va peut être acheter un fois gras moins gros pour le repas.

  • Concession

    Grande Dépression : Pas de sucrerie, un seul repas par jour, les parents mangent peu pour permettre aux enfants d’avoir un repas un tout petit peu équilibré. Voilà le type de concession à l’époque de la Grande Dépression. Les vacances, les voyages, les cadeaux, les restaurants etc ne sont même pas à l’ordre du jour.

    Maintenant : On limitera peut être les sorties au cinéma ? Plutôt que partir trop loin, on se rapprochera pour les vacances ? On achètera moins de chansons sur Itunes ou alors moins de jeux sur la Playstation ? On ira que une seule fois au théâtre ou au restaurant ce mois – ci. On va peut être baisser le nombre de chaine sur le câble voire le couper temporairement.

Naturellement, et malheureusement, il existe des personnes qui vivent dans des conditions similaires à la grande dépression de nos jours, mais, heureusement, ils constituent une exception qui vivait pour la plupart dans ses conditions avant même la crise. Espérons qu’un jour les états prendront leurs problèmes en considération. Revenons à notre sujet de base, nous pourrions donner de nombreux autres exemples de différences en manière de qualité de vie entre grande dépression et maintenant. Nous pouvons clairement remarquer que nous sommes bien loin des difficultés que nos grands parents ou arrière grands parents ont vécu. Comparer la crise actuelle à la Grande Dépression constitue clairement un manque de respect à la dureté de la vie à l’époque. La vie de nos jours serait considérée comme une Grande croissance à l’époque.

La crise actuelle est très dure, elle est probablement l’une des plus durs de ses dernières décennies car elle touche les poumons de l’économie : le système financier. De plus, les manipulations du marché et les médias alimentent l’aggravation de la crise. Mais de là à comparer à la grande dépression, c’est un pas qui me paraît très maladroit lorsque nous comparons la qualité de vie maintenant et à l’époque.  J’espère que nous sortirons rapidement de la crise, j’espère aussi de manière générale que nous apprendrons de cette récession pour ne plus reproduire les mêmes erreurs. Mais cessons de faire croire au pire pour entretenir la peur et ralentir le retour à la normalité.

Si nous devions utiliser la Grande Dépression comme valeur de référence pour définir la crise actuelle, nous sommes alors aujourd’hui au milieu d’une croissance exceptionnelle. Par contre, si nous ne comparons plus notre époque à 1929, on pourra peut être arrêter d’évoquer le passé et penser à l’avenir en investissant dans l’économie de demain et en modifiant le système pour ne plus reproduire les erreurs du passées.

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